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L’amour est dans le pré / 1 sur 2

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i en cette période estivale il y a bien un succès incontestable en télévision, il s’agit bien de l’émission de M6 « L’amour est dans le pré« . Sixième saison à l’antenne, l’émission a connu depuis ses débuts une progression régulière en terme d’audience et de notoriété jusqu’à s’imposer cette saison comme l’émission la plus puissante de M6 tout en étant celle qui véhicule l’image la plus positive. Retour sur les raisons d’un succès. Partie 1 sur 2.

Avant toutes choses, il est utile de préciser que l’émission « L’amour est dans le pré » n’est pas une création française mais bien une adaptation d’un format lancé dans les pays scandinaves sous le titre de « Farmers wants a wife« . Précision faite, il s’agit de ne pas considérer cette émission comme ayant été développée avant toutes choses pour un public français bien que la thématique de l’agriculture se prête parfaitement à la culture ainsi qu’au patrimoine français.

Mais ces premiers éléments ne sont en rien dans le succès actuel de ce programme. Pour répondre à cette question, il s’agit de considérer un certain socle d’éléments récurrents à toutes émissions de télévision et constater sous quels angles ceux-ci ont été abordés dans ce programme. Pour ce faire, nous allons nous fixer sur les éléments suivants : le casting des candidats, les lieux d’action, la mise en images, la mécanisation du programme ainsi que l’empreinte sociétale du programme.

Premier élément, le casting des candidats, véritable Graal dans la télévision contemporaine puisque dans une offre ultra concurrentielle en terme de programmes, ce sont les protagonistes de toutes ces histoires qui vont fédérer le public. Dans le cas de « L’amour est dans le pré« , cette sélection des candidats est extrêmement soignée. En tout premier lieu, cette émission a le loisir de piocher dans un vivier de candidats doublement sous représentés en télévision, les agriculteurs ainsi que les personnes âgées entre 25 et 55 ans. Car oui, cette tranche d’âge est actuellement sous représentée dans des programmes dits de « télé réalité » tels que « L’amour est dans le pré« . En ce qui concerne la profession, elle sous représentée dans tous les types de programmes confondus. De fait, alors que le public est constamment habitué à voir des adolescents ou de jeunes adultes, urbains proliférer dans ces programmes, cette sélection de candidats incline tout le programme dans une autre dimension empreinte d’expérience, de vécu et d’un certain retenu. Face à une exubérance et aux faux semblants dont les candidats dits traditionnels de « télé réalité » font preuve, ceux-ci, par leur condition initiale, éloignée de ces stéréotypes revient à être en soi un élément d’identification fort auprès d’un public de masse qui portera avec aisance son attachement envers des gens « normaux » que devant des ersatz dont les éléments de conduite ne s’adresse finalement qu’à une frange des téléspectateurs.

Le second point auquel on se doit de porter une attention particulière lorsque l’on tente de comprendre les raisons du succès de cette émission est en relation avec les lieux dans lesquels se déroulent les actions. Habitués aux lofts ou autres villas tout droit sortis des rêves ou des fantasmes de décorateurs et designers d’intérieur, ici les lieux sont chargés d’histoire possèdent un vrai vécu et ne témoignent pas d’un arrangement de circonstance nécessité par le tournage de l’émission. En effet, la majorité des épisodes se déroulent directement au sein des fermes des agriculteurs. Mis à part les deux premiers épisodes dédiés aux rencontres et qui se déroulent sur une péniche à Paris, tout le reste est tourné en décors naturels. Proximité et simplicité avec les candidats sont les maîtres mots du choix de ces décors. Ici, la production annonce clairement qu’elle n’est pas là pour reconstituer des scènes factices mais elle est là pour observer une situation en déroulement. De fait, laisser se dérouler l’action dans des lieux connus, c’est donner l’avantage du « terrain » aux candidats qui en tant que non experts des émissions de ce genre peuvent à minima évacuer leur peur en se focalisant sur leur quotidien.De plus, à l’instar du choix des candidats résolument à contre courant des autres émissions, celle-ci offre également un emballage nouveau, mettant en lumière des lieux perpétuellement passés sous silence à la télévision.

Par ailleurs, ces décors naturels et authentiques font preuve d’un soin tout particulier de la part de la production puisque la majorité des plans montrant l’exploitation ou la vie à la campagne en général sont très graphiques, très bien éclairés, pas du tout dévalorisant, vendant le milieu agricole à l’opposé du cliché généralement diffusé. L’émission s’intitulant « L’amour est dans le pré« , l’ensemble des plans de situation du milieu agricole fait généralement directement référence au film « Le bonheur est dans le pré« . Pour s’en convaincre, il suffit de se remémorer les périodes de tournage de l’émission. L’émission connaît deux périodes de diffusion, une première en une soirée exceptionnelle diffusée en fin d’année généralement où l’on découvre les portraits des agriculteurs et où les prétendants sont invités à leur écrire (à l’heure du web, écrire une lettre manuscrite, voici encore un élément d’authenticité à contre courant de la mode actuelle). Ces portraits ayant été filmés généralement au milieu ou en fin d’été précédent, les images sont très belles, la lumière omniprésente et très douce et les décors naturels au sommet de leur beauté (floraison maximale, arbres feuillus, ciel bleu éclatant, etc.), bref une référence marquée à un éden retrouvé. Par ailleurs, c’est également lors de ces portraits que les cadreurs se constituent un stock d’images prétextes (couchers de soleil, champ de foin bercé au vent, vaches qui lèchent l’objectif, etc.) qui vont par la suite servir à constituer le générique de l’émission ainsi qu’assaisonner le déroulé des images estivales. Car voici la seconde période de diffusion, l’été, là où les téléspectateurs découvrent toutes les péripéties des candidats. Cependant, afin que les émissions soient prêtes en période estivale, elles sont généralement tournées en fin d’hiver, là où la campagne n’est plus tout à fait aussi réjouissante qu’en été. C’est ainsi que ces « images d’Epinal » collectées pendant l’été (mais aussi un peu pendant l’hiver) vont permettre de maintenir de manière peu consciente le charme et l’authenticité des lieux à intervalles réguliers pendant l’émission.

Voici où se termine ce premier article consacré au succès de l’année en télévision qu’est « L’amour est dans le pré« . Seconde partie à venir prochainement où l’on s’attardera plus précisément sur le contenu même du programme ainsi que sur la résonance du programme au cœur de la société.

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