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Zoom arrière

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l en va ainsi des habitudes médiatiques durablement établies dans notre pays à chaque scrutin électoral. Le focus ne se fait plus que par le prisme de l’élection mettant tout le reste des sujets, des préoccupations, des informations de côté pour ne laisser le champ libre qu’à toutes ces diatribes. Hier a eu lieu la passation des pouvoirs, peut être une lucarne pour l’actualité vient-elle de s’ouvrir ?

Boulimiques, obsessionnels, fanatiques parfois, comment peut-on juger du comportement des médias lors de cette période électorale qui s’est terminée hier ? Frénétique est sans doute le premier qualificatif qui peut venir en tête tellement les discours, les analyses, les sondages et autres nous ont été assénés de toutes parts et à longueur de temps.

Cela étant, pour apprécier l’ampleur de cette perpétuelle redite, il faut sans doute prendre le temps de considérer que désormais, le paysage médiatique s’est considérablement étoffé. Les chaînes d’information en continue sont légions, les chaînes de télévision historiques continuent quant à elle de traiter cette information comme auparavant si ce n’est même plus intensément du fait de la concurrence des ces nouvelles venues tandis que la radio consolide elle aussi sa place dans le traitement et le suivi de cette actualité.

Ce qui change la donne dans ce traitement médiatique, c’est sans nul doute la place considérable qu’a pris internet dans cette campagne. Sites d’information, pure player et réseaux sociaux ont fait que la campagne n’avait que peu de chance d’échapper à celui qui osait se connecter. Et paradoxalement, ce sont peut-être les réseaux sociaux qui ont le plus accentué ce syndrome car de par leur fonctionnement ceux-ci ont instillé la campagne au coeur des quotidiens de ceux qui n’étaient pas nécessairement demandeur de ce genre d’information.

Car un réseau social a cette tendance a ne pas continuellement diffuser les informations que l’on sollicite ou que l’on apprécie. Amis, collègues ou pages que l’on suit peuvent parfois en venir à partager du contenu non désiré et dans la période que nous venons de partager, le phénomène s’est sans doute multiplié très souvent, faisant de la campagne une irruption quasi systématique chez tous les utilisateurs d’internet.

Par ailleurs, devant l’overdose que cette campagne a procuré, il s’agit également de se poser les bonnes questions à la fois devant nos pratiques médiatiques ainsi que devant la manière dont cette information fut traitée par chacun des canaux.

C’est ainsi qu’en mixant ces deux aspects, on se rend compte que l’overdose est probablement venue d’une recherche de diversité dans le traitement en choisissant de consulter différentes sources pour obtenir un éclairage plus généralisé tandis que chacune des chaînes, des stations de radio ou des sites internet s’était lancé dans une course vis à vis de la concurrence dans laquelle chacun choisissait les mêmes angles d’analyse, les mêmes faits traités, les mêmes interlocuteurs produisant ainsi cette écho infernal dans lequel nous avons été enfermés pendant des semaines.

Dans un univers hyper concurrentiel comme celui des médias, la prolifération des émetteurs d’information nuit à la qualité de l’information en elle-même tant que le principe de concurrence primera sur la nécessaire et salutaire obligation d’informer. Alors réjouissons nous de cette fin de bataille électorale pour prendre un peu de recul et retrouver un semblant d’éclectisme dans l’information.

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