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Le Divan de MOF

Le Divan de MOF

Depuis le 3 février dernier, France 3 et Marc-Olivier Fogiel ont fait renaître la mythique émission d’Henry Chapier, “Le Divan”. Arrêtée en 1994, elle est revenue dans une forme qui conserve les fondamentaux du format tout en apportant une touche tout à fait contemporaine.

Regarder “Le Divan”, c’est avant tout se dire que l’on va écouter “Le Divan” car si il y a bien une émission qui s’écoute plus qu’elle ne se regarde, il s’agit bien de celle-ci. Confidences murmurées en position allongée, il n’y a que quelques séquences vidéo qui rappellent que nous sommes bel et bien à la télévision.

L’ambiance est feutrée, le rythme est lent, calme. Tout l’inverse de ce que la télévision hyper clippée diffuse quotidiennement. On prend le temps de cadrer, de focaliser, un plan accompagne une parole et non l’inverse. Marc-Olivier Fogiel, positionné tel un psychanalyste joue le rôle de la confidence, de l’introspection, relance, approfondi les sujets. Fidèlement accompagné de ses documents, sa posture d’homme omniscient est manifeste et lui donne légitimité et contenance.

L’invité quant à lui, au delà de la posture “d’analysé” qu’il a pendant près de quatre vingt dix minutes, est minoré dans son rôle par l’imposant divan rouge qui trône au centre du plateau. “L’invité – patient” est cadré de telle sorte que le dossier du fauteuil rempli l’ensemble du cadre, rendant l’invité minuscule, vulnérable. Son introspection tend à le faire disparaître au cœur d’un décors légèrement démesuré qui prend le pas sur lui.

Je ne m’attarderai pas sur la teneur des questions pour me concentrer sur la scénographie proposée. Ambiance sombre et rouge en fond de décor, arche très lumineuse, cœur de plateau avec le divan et un puis de lumière et écran face à l’invité. Sobre et classe telles sont les mots d’ordre de ce plateau. Pas de jingles, d’applaudissements, de jeux de lumière ou encore de jeux de caméra, etc. On reste dans le direct, le simple, le sobre. Le public est présent mais silencieux. Pour une fois, le public présent en studio a un rôle analogue au public présent devant sa télévision, il écoute et n’est pas là pour imprimer une ambiance tonitruante censée rendre captif le public.

Un élément primordial dans tout ce dispositif reste le silence. Peu courant en télévision (car étant considéré comme un épouvantail à audience), ses apparitions dans l’émission témoignent de passages, de progressions intimes. Ils sont recherchés et lorsqu’ils se produisent ils deviennent des signifiants à forts signifiés. Et c’est au travers du prisme de cet élément que cette émission reste captivante car dans la recherche et l’apparition du silence on créé un suspens. Que va dire ce silence ? Que va-t-il amener ? Un silence ne balise pas une discussion, il la prolonge dans un spectre de possibilités extrêmement vaste. Même si un conducteur existe pour aborder différents thèmes, le silence reste la ligne directrice inattendue d’une émission de télévision que l’on prend plaisir à regarder.

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