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Moi amusé, vous au musée ?

Moi amusé, vous au musée ?

Depuis quelques semaines, Arte propose sur son antenne ainsi que sur le web un tout nouveau format court intitulé « A Musée vous, A Musée moi« . Titre alambiqué pour format performant, cette création est en tous points réjouissante tant sur le fond que sur la forme. Plongée au coeur d’un OTI (Objet Télévisuel Inventif).

Evacuons tout d’abord une première idée farfelue voulant que si un programme est diffusé sur Arte, il est automatiquement auréolé des plus belles vertus que la télévision puisse produire. Non, ici nous faisons simplement face à un format qui sait résoudre une équation durablement compliquée dans l’univers des médias, faire coexister « fond + forme + format » sans planitude et avec une dose de profondeur qui confère à cette série de programmes une vraie dimension d’oeuvre.

Dans le détail, la forme est ingénieuse ; donner vie à des oeuvres célèbres en conservant leur apparence visuelle le plus fidèlement possible.

C’est-à-dire que l’impression originelle des oeuvres que nous avons toujours eu demeure et permet de se confronter l’espace de quelques minutes à ces oeuvres célèbres. Cette première performance est remarquable car le temps d’attention est énorme et nourri par la dimension narrative de ces programmes puisque pendant ces quelques minutes, nous intégrons un univers ludique au travers des pensées supposées et autres interactions imaginées entre protagonistes de ces oeuvres.

La figure plastique de ces oeuvres un pur élément de culture classique lorsque les paroles et interactions énoncées sont d’un registre tout à fait contemporain. Langage, thèmes, tout est très contemporain et constituent l’objet de rétention du public. Et c’est cette dissonance entre deux univers originellement diamétralement opposés qui saupoudre ce projet d’une créativité doublée d’une curiosité inévitable. Cet état de fait étant mis en lumière par le générique du programme interprété par Joey Starr (dissonance assumée et bienvenue). Comme les univers ne sont pas isolés les uns des autres, les personnages, dans leurs interactions, en profitent pour distiller des informations de contexte ou de sens de ces oeuvres.

C’est-à-dire qu’en terme de fond, les épisodes ne sont pas gratuits et ne promeuvent pas le seul ludique, ils sont avant tout des facilitateurs, des vulgarisateurs. Toutes les oeuvres faisant l’objet d’épisodes, sont majoritairement connues du grand public, visuellement tout du moins. C’est important et c’est aussi ce qui fait que le public dispose d’une première accroche à leur égard. A l’instar d’un « D’art d’art » qui plonge parfois dans des oeuvres pointues, ici on reste auprès des « stars de la peinture classique« .

Enfin, le format est pertinent là encore car il est l’un des rares formats (en terme de durée) à trouver sa place en télévision comme sur le web. Moins de trois minutes, c’est à dire un pure format court télévisuel tout comme un format privilégié dans le monde digital. Là encore, c’est une performance de proposer ces capsules courtes, synthétiques et dynamiques dans une dimension résolument cross-canal.

Dans un paysage médiatique en proie à la frilosité, ce format est admirable à plus d’un titre et répond astucieusement des objectifs que l’on peut attendre des produits médiatiques dans l’écosystème 2018, ne prêtant le flanc à aucune facilité de style pour davantage aller chercher la performance narrative. A découvrir sans attendre.

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