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Où l’on se rend compte des limites d’un genre

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ier soir, le petit sursaut télévisuel de la soirée était à trouver du côté de France 2 où la chaîne publique proposait un programme d’un genre tout nouveau pour elle puisqu’il s’agissait de sa première émission dite de « télé réalité« . La curiosité m’a poussé à regarder de quoi il s’agissait et surtout comment pouvait-il oui ou non se marier avec l’identité d’audiovisuel public.

La chaîne avait beaucoup communiqué sur ce projet, je m’en suis d’ailleurs récemment fait l’échos ici même. Et force est de constater que cette communication qui s’articulait principalement autour de la non présence de cette fameuse « télé réalité » dans ce programme, objet de toutes les réticences du côté du service public était vraie et son propos bien peu mensonger. Pour quelles raisons au juste ?

En effet, cette émission est à cataloguer dans un trans genre qui n’a vraiment que bien peu de liens avec tout ce que l’on appelle « télé réalité » et ses déclinaisons. Car le principe même de ce genre est d’apporter en premier lieu un univers d’expression avec de pourvoir, à régime cadencé, toute une série de défis, épreuves et autres stimuli afin de pimenter le programme.

Dans le cas de « Une semaine sans les femmes« , l’univers d’expression est présent, à savoir l’absence de toutes les femmes d’un village l’espace d’une semaine afin de laisser la gente masculine à l’oeuvre dans toutes les tâches du quotidien. Néanmoins, le programme s’arrête là mais ne propose par la suite rien d’autre qu’un simili portraits croisés d’hommes qui pourraient être de vrais célibataires que l’on fait témoigner de leur situation tout en les voyant oeuvrer dans leur quotidien.

Le reste du programme est ainsi fait que rien ne se passe ou plus précisément, il ne se passe que leur quotidien, que notre quotidien. Dans un pays où le nombre de célibataires s’élève à plus de quize millions, cette émission, annoncée comme divertissante n’en est pas moins que le reflet d’une situation partagée par le plus grand nombre.

De ce fait, on se rend clairement compte de ce qui est « télé réalité » de ce qui ne l’est pas. A ce titre, le genre de la « télé réalité » se doit d’émuler une vie propre à son environnement mais également de l’entretenir à intervalles régulier afin que les protagonistes de cette condition ne s’adaptent pas à leur nouvel environnement comme l’homme l’a toujours fait depuis la nuit des temps. Afin que l’attention, l’intérêt ainsi que la curiosité générés par ce type d’émission soient perpétuellement au top, les événement imprévus (en tout cas au niveau spectateur) doivent ponctuer très régulièrement le récit mis en place par la production.

Dans le cas de « Une semaine sans les femmes« , rien ne se produit, la promesse faite au téléspectateur s’en trouve biaisée (vis à vis du genre dont elle est générée). C’est ainsi que l’on se rend compte que le genre dépend beaucoup du média utilisé et plus particulièrement de l’ADN éditorial de celui-ci. Et peut être faut-il se dire que tant que la manipulation du génome de France Télévisions sera préservée, le genre de la « télé réalité » procurera un rejet.

PS : Précision d’usage, cet article a été rédigé le 8 mars 2011 au soir, sans connaître les quelconques retombées générées par la diffusion de ce programme.

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